GOUAUX DE LUCHON

Nous avons expliqué à la page de Larroque qu'à notre avis les TALAZAC de la vallée de Luchon et du Val d'Aran sont cousins de ceux de Nizan et de Larroque.

Famille d'agriculteurs.

  Le premier octobre 1743 Barthélémy (1-2-1), veuf de Françoise DABOS, se rend chez Maître Montané notaire à Saint Béat pour y dicter son testament, où l'on apprend la misère qui fut la sienne, la longue maladie de son épouse et l'ingratitude de son fils Bertrand. Le notaire écrit :

                                                    ....Barthélémy Talazac dit Rouy
        habitant du lieu de Gouaux en la vallée de Luchon .... lequel se
        serait transporté exprès au dit St Béat, à l'effet de faire son
        testament tandis qu'à présent il est libre de tous ses sens
        et pour éviter différents entre les siens et attendu qu'il veut
        s'en aller dans un pays étranger pour y chercher sa fortune
        et après avoir élevé son esprit à Dieu et à la Vierge Marie et
        demandé pardon de ses pêchés il veut que si Dieu l'appelle
        de ce monde et qu'il soit au dit Gouaux, son héritier général
        bas nommé lui fasse les honneurs funèbres et autres services
        suivant la coutume du dit lieu pour une fois les payer et
        qu'après ou s'il meurt à la campagne, il fasse célébrer pour
        le repos de son âme pendant l'an de son décès trente messes
        basses de requiem à huit sols ...


  Puis Barthélémy nomme son épouse et ses 2 garçons, François (1-3-1) et Bertrand (1-3-2). Il a déjà désigné François son héritier général, à l'occasion du mariage de celui-ci, et réservé 44 livres à Bertrand "marié depuis six ans dans le Biarrix". Nous apprenons ensuite que Bertrand, s'estimant probablement lésé, l'a violemment fait savoir à son père :

        ... Et dit encore, le dit testateur, que pour payer le dit Bertrand ....
        il fut contraint de vendre du fonds appartenant à l'hérédité
        de sa dite femme ..., pour contenter la perfidie du dit Bertrand
        qui lui tenait comme le couteau à la gorge, en lui faisant
        de très fortes menaces, mais qu'il ne voulut en porter la plainte
        à la justice pour le punir, par un effet de charité paternelle.
        Dit encore que s'il ne lui a laissé pas une plus forte constitution,
        c'est à cause que ses biens sont tous hypothéqués et si chargé
        de dettes qu'il en a pris quasi le plus liquide au moyen des
        dites quarante quatre livres, et que s'il avait des dettes, c'est
        à cause des longues et fréquentes maladies de sa dite femme ….
        pour la subsistance de laquelle il les contracta...


  Lorsqu'il dicte son testament, Barthélémy est probablement âgé d'une cinquantaine d'années, presque un vieillard pour l'époque, en tout cas pas un âge pour partir à l'aventure. Nous n'avons pas retrouvé trace de Barthélémy mais avons la certitude qu'il survivra peu d'années car le 7 novembre 1749, Bertrand est de retour au pays. Faisant valoir ses droits à l'héritage des biens de son père décédé, et malgré le testament de celui-ci, il conclut, avec son frère François, un accord estimant sa part de l'héritage à "cent nonante livres" que Bertrand se fait payer en 2 pièces de terre évaluées à 120 livres, qu'il vend de suite aux frères DESCAZAUX de Gouaux, et les 70 livres restantes qui seront payées par François.



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